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Victor Fay info n°6

Victor-Fay-portrait
Victor FAY  (18 mai 1903 – 29 juin 1991)

 

 

Ce numéro de Victor FAY info a choisi d’honorer la mémoire de Paul PARISOT qui fut Vice-Président de notre association à sa création en décembre 1991

– d’abord par sa notice politique, parue dans le Dictionnaire MAITRON
– puis par une notice plus détaillée sur sa carrière journalistique;

Paul PARISOT est décédé le 1er décembre 2007 à 90 ans.

Le premier bureau de l’association était composé de :
– Paule FAY, Présidente
– Paul Parisot et Jean-Marie Demaldent, vice-présidents
– Armand Ajsenberg, secrétaire
– Jeanne-Simone Fay trésorière 

PARISOT Paul. Pseudonymes : MAX, MORAND, GEOFFROY

Né le 31 juillet 1917 à Paris (XVe arr.), mort le 1er décembre 2007 à Paris (XVIIe arr.) ; journaliste ; militant trotskiste puis socialiste ; syndicaliste FO puis CFDT.

Paul Parisot, démobilisé, en 1940  pastedGraphic_1.png  Cliché fourni par Claudine Pelletier

Fils d’un père employé de commerce et d’une mère sans profession, Paul Parisot adhéra en octobre 1934 aux Étudiants socialistes (9e sous-groupe, lycéens du nord de Paris) et en février 1935 aux Jeunesses socialistes (XIXe section) où il s’inscrivit au Groupe bolchevik-léniniste (trotskyste) de la SFIO. Solidaire des dirigeants des JS de la Seine exclus au congrès national de Lille (fin juillet 1935), il participa à la création des Jeunesses socialistes révolutionnaires et collabora à la rédaction de Révolution, organe des JSR. Il adhéra également au Parti ouvrier internationaliste créé en juin 1936. Il milita, en outre, au Centre laïque des auberges de jeunesse et au syndicat des auxiliaires des Contributions directes (Fédération des Finances CGT), dont il fut élu membre du bureau national en 1938. Hostile à l’adhésion collective du POI et des JSR au Parti socialiste ouvrier et paysan de Marceau Pivert en 1938-1939, il rejoignit finalement cette formation en mai-juin 1939, cédant aux injonctions de la IVe Internationale. Il épousa Rosette Crespin le 13 mars 1937 à Paris (XVIIe arr.), de laquelle il divorça en 1946.

Mobilisé de septembre 1939 à septembre 1940, il reprit contact à cette date avec le groupe clandestin du POI et collabora à la presse clandestine : la Nation libre (avec Jean Rabaut, Marc Paillet, la Vérité (avec Marcel Hic) et Arbeiter und Soldat qui incitait les soldats allemands à déserter. Il participa, en décembre 1940, à l’organisation d’un congrès clandestin des Auberges de jeunesse à Suresnes qui contribua à mobiliser de nombreux jeunes contre la collaboration. Il milita à Sceaux-Bourg-la-Reine en contact avec les socialistes locaux de Depreux, tout en participant à la création de groupes antinazis à la Sorbonne. Coopté en octobre 1943 à la direction du POI, Parisot fut arrêté le 4 janvier 1944 par la 2e brigade spéciale de la préfecture de police. Interné à la Santé, il échappa à la déportation en avril 1944. De sa prison, il fit parvenir, en février 1944, des thèses sur la question nationale qui s’opposaient aux textes qui devaient présider à l’unification en cours des forces trotskystes. L’unité étant réalisée, il fut, après sa sortie de prison, désigné à la commission militaire du PCI avec Henri Molinier, Giorgis Vitsoris et Roger Foirier.

Après la Libération, il fut l’un des principaux dirigeants de la tendance dite droitière qui l’emporta au congrès du PCI de septembre 1946. Il fut alors secrétaire politique du parti jusqu’au congrès suivant où sa tendance fut mise en minorité de fort peu. Exclu le 27 mars 1948 pour avoir donné son adhésion au Rassemblement démocratique révolutionnaire de J.-P. Sartre et de David Rousset, Parisot rejoignit la SFIO en 1950 et la quitta en 1956, en raison de la guerre d’Algérie. Il se lia à Mendès France* qui lui confia l’édition du Courrier de la République. Parisot participa à la création du PSU avant d’adhérer en 1971 au nouveau Parti socialiste.

Mais il se consacra surtout à partir de 1950 à l’action syndicale : organisation de la CGT-Force ouvrière dont il fut le délégué à Franc-Tireur puis à France-Soir jusqu’en 1962. Il rallia la CFDT en 1964 et devint président du syndicat des journalistes français CFDT de 1966 à 1973, puis président de la Fédération internationale des journalistes de 1978 à 1982. Il conduisit notamment, en 1976, la grève à France-Soir contre la mainmise de Robert Hersant. Il était toujours membre, en 1990, du bureau national des journalistes CFDT.

SOURCES  : Arch. PPo., carton 83. — La Vérité, 6 juillet 1935. — La Commune, 8 juillet 1938. — Témoignage autobiographique de P. Parisot recueilli par R. Prager en mai 1990. — État civil.

Jean-Michel Brabant, Rudolph Prager 

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Paul Parisot

Paul Parisot fut président de la Fédération internationale des journalistes de 1978 à 1982 après avoir été le rédacteur de la Charte de Munich en 1971. Journaliste à Franc-Tireur puis France Soir, il combat Robert Hersant avec la société des rédacteurs et doit partir le 1er mars 1977 pour fonder le Matin de Paris comme rédacteur en chef.

Paul Parisot est né le mardi 31 juillet 1917 à Paris, où milite à la SFIO, avec Maurice Laval, qui deviendra un des fondateurs et l’administrateur de France Observateur puis de l’hebdomadaire Le Nouvel Observateur.

Devenu journaliste professionnel après la Libération, au sein de la rédaction de Franc-Tireur, il y est promu chef du service étranger, tout en militant au syndicat Force Ouvrière. Il rejoint ensuite le France Soir de la grande époque, sous la direction de Pierre Lazareff. Chef du service social, membre du comité d’entreprise, il rejoint la section syndicale CFTC en 1964 lorsqu’elle se transforme en section CFDT, du fait de la « déconfessionalisation » décidée par un congrès de la CFTC. Il est contraint ensuite à un duel face à Robert Hersant, qui tente de racheter Le Figaro et France Soir au milieu des années 1970.

Robert Hersant parvenant à réaliser les deux acquisitions, Paul Parisot doit alors partir. « Nous avons été vendus comme des meubles dont l’acte de vente aurait été truqué à l’avance« , dénonce-t-il. Ne souhaitant pas tomber sous la férule de Robert Hersant, qui a reçu le soutien discret du président Valéry Giscard d’Estaing, une cinquantaine de journalistes1 sur plus de 200 quittent France Soir, en faisant jouer la clause de cession, pour participer à la création du Matin de Paris le 1er mars 1977 , dont Paul Parisot est rédacteur en chef, à partir de 1984, lorsqu’il quittera France Soir pour rejoindre Matin de Paris. La même année, la justice estimera qu’il doit être réintégré dans ses fonctions à France Soir, sur décision du tribunal de grande instance de Paris, mais il a alors 67 ans.

Parallèlement, il a été élu en 1964 président du Syndicat des journalistes français (CFDT). À ce poste pendant une décennie, il fut l’un des artisans de la création en 1966 de l’Union nationale des syndicats de journalistes (UNSJ) puis l’un des rédacteurs de la déclaration des droits et des devoirs de Munich, dite Charte de Munich de 1971, et enfin président de la Fédération internationale des journalistes de 1978 à 1982.

Il est resté à la CFDT jusqu’en 2005, date à laquelle, à 87 ans, il a décidé d’adhérer au Syndicat national des journalistes CGT.

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Bibliographie  : « Paul Parisot – La traversée du siècle d’un journaliste engagé« , par Alain Goguey et Marie-Martine Chambard

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Livres de Victor FAY à vendre   ( frais de port non compris )

Contribution à l’histoire de l’URSS (la Brèche – 1994) 5 euros

L’Autogestion une utopie réaliste (Syllepse – 1996) 2,50   euros

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Prenez votre carte AAVPF 2015 ! (15 euros) 

membre fondateur de l’Institut Tribune Socialiste

 

Adhésion 2015 à l’AAVPF : 

cotisation de base : 15 euros,   par chèque à l’ordre de Simone FAY,

à transmettre à : 

Simone FAY-PEYRIN   35 rue de la République  92800  PUTEAUX

Association des Amis 

de Victor et Paule FAY 2015

81, boulevard Suchet, Paris 16e  –  arcadie.fay@laposte.net 

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La PrésidenteJ.S. FAY-PEYRIN

Consultez les sites :      http://assovpfay.org/index.php

et http://www.institut-tribune-socialiste.fr

Victor Fay Info n°5

Victor-Fay-portrait
Victor FAY  (18 mai 1903 – 29 juin 1991)

 

 

Le présent numéro de « Victor FAY info » est entièrement consacré au don récent par l’AAVPF à l’association des « Amis de la Commune de Paris 1871 » de plusieurs brochures émanant principalement  de l’une des gloires de La Commune, Gustave LEFRANÇAIS, dont « Les souvenirs d’un révolutionnaire » viennent d’être récemment réédités par les éditions « la Fabrique » (509 pages,  27 euros ) ; la liste de ces brochures est reprise dans la lettre (ci-dessous) de notre Présidente adressée aux Amis de la Commune, et vous trouverez en pages suivantes une évocation de la vie étonnante de Gustave Lefrançais par sa notice biographique parue dans le Dictionnaire MAITRON du mouvement ouvrier. 

MM. les Présidents de l’association des Amis de la Commune 

Le 14 octobre 2013 46, rue des Cinq-Diamants   –   75013  PARIS

J’ai retrouvé dans la bibliothèque de mon père, Victor FAY, quelques brochures datant de la Commune de Paris datant des années 1870/1880 qui peuvent vous intéresser ; il s’agit de :

– « Aux Parisiens – Le 31 octobre ! Sa cause – Son but – sa nécessité » par G. Lefrançais – publié en 1870 ;

–  » République et Révolution – de l’attitude à prendre par le prolétariat en présence des partis politiques » par G. Lefrançais , ex-membre de la Commune de Paris – Genève, non daté ( fin 1873 ?) ;

– « Un communard aux électeurs français  » par G Lefrançais , publié à Genève en 1875 ; 

– « Etudes des moyens pratiques de la Révolution – Six conférences – 1° De la Dictature  » par G. Lefrançais , publié à Genève le 2 décembre 1875 ;

– « Ceux qui reviennent » par un ex-greffier – « Dossier des Amnistiés » – Paris, bureaux du Gaulois, 1880.

Je suis heureuse de faire don à votre association de ces brochures au nom de mon père et de l’association des Amis de Victor et Paule FAY (AAVPF).

Bien cordialement, la Présidente de l’Association des Amis de Victor et Paule Fay :     Simone FAY

Adhésion 2014 à l’AAVPF : 

cotisation de base : 15 euros,   par chèque à l’ordre de Simone FAY,

à transmettre à : 

Simone FAY-PEYRIN   35 rue de la République  92800  PUTEAUX

Maitron

http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article33693

LEFRANÇOIS Gustave, Adolphe,  dit Gustave Lefrançais

Né le 30 janvier 1826 à Angers (Maine-et-Loire) ; instituteur, puis comptable ; membre de l’Internationale et de la Commune ; mort le 16 mai 1901.

Fils d’un chef d’atelier à l’École royale des arts et métiers d’Angers, ancien soldat de l’Empire, « qui l’éleva dans la haine du Bonaparte » (rapport du 30 juillet 1898, Arch. PPo., B a/1149), arrière petit-neveu de l’astronome Jérôme Lefrançois de Lalande. Arrivé à Paris vers l’âge de dix ans, Gustave Lefrançais entra à l’École normale d’instituteurs de Versailles en 1842 avec le n° 2 et en sortit en 1844 après avoir été orienté vers les idées révolutionnaires par son directeur Lebrun, fils du ministre girondin guillotiné en 1793.

En raison de ses opinions, Lefrançais ne put trouver de place à la sortie de l’École normale et entra comme professeur de mathématiques élémentaires dans une importante institution de Versailles, mais n’y resta qu’une journée. Il travailla alors dans un pensionnat à Paris, puis dans un externat, enfin alla remplacer un collègue en Seine-et-Oise, près de Dourdan, en février 1846. Au bout de cinq mois, en butte à l’hostilité du curé et de quelques notables du lieu, il dut partir et entra comme commis aux écritures chez un entrepreneur. Il y demeura jusqu’au 24 février 1848, mais il prit part à la révolution et fut renvoyé.

Il adhéra l’année suivante à l’Association des instituteurs et institutrices socialistes et publia avec quelques amis, parmi lesquels Pauline Roland* et Jeanne Deroin*, un programme d’éducation novateur. Mais leur action inquiétait le pouvoir et Lefrançais fut arrêté. Après trois mois de détention, il passa en correctionnelle et fut condamné, le 12 juin, à trois mois de prison et deux années de surveillance pour détention d’armes de guerre. En résidence à Dijon, il fut encore condamné, le 22 janvier 1851, à six jours de prison pour port d’armes prohibées et, le 27 mars 1851, il lui était interdit, à cause de son programme socialiste d’enseignement, d’exercer à Paris les fonctions d’instituteur. Après le coup d’État, il partit pour Londres, mi-volontaire, mi-forcé. Il vécut là-bas assez misérablement, y connut Déjacque*, fonda avec une dizaine d’indépendants comme lui une sorte de restaurant coopératif, la Sociale, dont fit partie Déjacque, et revint à Paris en 1853.
Il se maria alors, exerça différents métiers. Vers 1863, il adhéra à la franc-maçonnerie, loge 133, du rite écossais — voir Thirifocq Eugène* — mais il jugea cette association « la plus insipide et la plus religieuse des sociétés de bienfaisance » (Souvenirs, p. 272) et il s’en retira. Avant tout, il se mêla au mouvement politique, et discourut aux clubs du Vauxhall, du Pré-aux-Clercs, de la Redoute. Le 30 novembre 1869, il fut condamné à quinze jours de prison et, le 5 avril 1870, à 150 F d’amende pour infractions à la loi sur les réunions publiques. Il est alors un des orateurs les plus populaires. Il « développe ses théories sur la collectivité de la propriété et la suppression de l’hérédité ; attaque violemment l’institution du mariage et préconise l’union libre » (Sic. Le rapport primitif — recopié sans doute et peut-être plus d’une fois — d’une vingtaine d’années antérieur, comportait vraisemblablement : « Il développe ses théories sur la propriété collective et la suppression de l’héritage… » De toute façon, c’est bien de cela qu’il s’agissait dans les discours de Lefrançais. Cf. rapport du 26 novembre 1889. Arch. PPo., B a/1149.)

Pendant le Siège, il fut membre du Comité de Vigilance du IVe arrondissement, délégué par lui au Comité central républicain des vingt arrondissements. Avec ses amis du Comité, il présenta, le 15 septembre, les mesures d’urgence que le gouvernement de la Défense nationale aurait dû, selon les signataires, se hâter « de transformer en décrets pour le salut de la patrie et de la République ». Ces mesures intéressaient la sécurité publique, les subsistances et les logements, la défense de Paris et des départements. Voir Chassin Charles, Louis*

Lefrançais participa très activement à l’émeute du 31 octobre, fut arrêté le 2 novembre et emprisonné quatre mois à Mazas, à Vincennes, à la Santé. Il fut élu, le 7 novembre, maire adjoint du XXe arr. et acquitté par le 4e conseil de guerre, le 24 février. Il figure au nombre des 43 socialistes révolutionnaires présentés aux élections du 8 février par l’Internationale, la Chambre fédérale des sociétés ouvrières et la délégation des vingt arrondissements de Paris. Battu, il fut élu à la Commune par le IVe arr. le 26 mars (8 619 voix sur 13 910 votants). Il avait également recueilli des voix dans les XVIIIe, XIXe et XXe arr. Il en fut le premier président et siégea à la Commission exécutive (29 mars), puis lui préféra, le 3 avril, la Commission du travail et de l’échange. Le 21 avril, il entra à la Commission des finances, Il vota, le 1er mai, contre le Comité de Salut public et, le 15 mai, pour la déclaration de la minorité — voir François Jourde*. Il combattit, les derniers jours, aux barricades de la Bastille et de l’Arsenal, puis réussit à fuir. Le 3e conseil de guerre le condamna par contumace, le 30 août 1872, à la peine de mort.

Lefrançais était arrivé à Genève le 3 juillet 1871 et se dissimula quelque temps sous le nom de Bedel qui était celui de l’ami dont il avait emprunté le passeport pour franchir la frontière à Bellegarde. Il adhéra aussitôt à la Section centrale de Genève de l’Internationale avec Ostyn*, Malon* et d’autres et se trouva plongé au cœur du différend entre les marxistes et les bakouninistes. Son choix ne fut pas long. Le 12 novembre, il assista à titre individuel au congrès de Sonvillier au cours duquel se constitua la Fédération jurassienne et, le 2 décembre, avec Malon, Ostyn, Perrare*, il opta pour cette Fédération « antiautoritaire » et adhéra à la Section de propagande et d’action révolutionnaire socialiste de Genève, composée en majorité de socialistes français. Elle s’appela simplement Section de propagande à partir de 1873. Il joua certainement, en l’occurrence, le rôle de chef de file, puisque J. Ph. Becker, écrivant à Sorge, l’ami de Marx, le 30 novembre 1871, et faisant allusion à l’activité projurassienne de la plupart des réfugiés de la Commune, déclarait : « Le sieur Lefrançais est à la tête de ces aliénés » (Correspondance F. Engels-K. Marx et divers, publiée par F. A. Sorge dans œuvres complètes de F. Engels, Costes, Paris, 1950, t. I). Il témoigna à plusieurs reprises des mêmes sympathies : en collaborant à l’Almanach du peuple pour 1872 et 1874, en participant à la présidence du congrès international antiautoritaire de Saint-Imier, le 15 septembre 1872, ou encore en prenant la parole, avec Pindy* et Beslay*, au meeting de clôture du congrès de la Fédération jurassienne, à Neuchâtel, le 27 avril 1873. Il collabora, en Suisse, aux organes suivants, tous « antiautoritaires » : La Révolution sociale (26 octobre 1871-4 janvier 1872), organe hebdomadaire de la Fédération jurassienne à partir du 23 novembre 1871, qui fut continué par le Bulletin de la Fédération jurassienne (15 février 1872-25 mars 1878), auquel il collabora également ; Le Travail, Genève (21 août-13 septembre 1873) ; La Commune, Genève (20 avril-novembre 1874), devenue la Revue socialiste à partir du n° 2 ; Le Travailleur, Genève, revue mensuelle socialiste révolutionnaire (anarchiste), 20 mai 1877-avril-mai 1878.

Lefrançais gagna sa vie en exerçant différents métiers, à Lausanne puis à Genève. Dans la première de ces villes, il participa, avec Clémence*, Jaclard*, Montels* et d’autres réfugiés français, et sous la direction de Paul Piat*, à la liquidation de la société française Laurent et Bergeron chargée de l’exploitation du réseau de la compagnie des chemins de fer de la Suisse occidentale. Il contribua à « ressusciter » la section internationale de la ville (cf. J. Guillaume, L’Internationale, t. II, p. 267). Il fut également commis chez un marchand de vins à Genève et donna des leçons dans un pensionnat en compagnie de Joukovsky*. Il assista enfin Élisée Reclus* à Clarens dans ses travaux de géographie. En juillet 1876, il s’était battu en duel avec Vermersch* — qui avait attaqué François Jourde* dans un journal — et avait été blessé.

De retour à Paris après l’amnistie, il se tint plutôt à l’écart des groupes et des chapelles. De 1880 à 1884, il participa cependant à de nombreux meetings. Il retourna à Genève en 1885 et rentra définitivement à Paris à la fin de 1887. Souvent, il a dénoncé « la duperie du suffrage universel », qui devrait être seulement « un choix conscient et libre de mandataires toujours révocables et seulement responsables » (Étude sur le mouvement communaliste à Paris en 1871). Et s’il se présenta aux élections législatives dans le XVIIIe arr., le 22 septembre 1889, sa candidature fut surtout de protestation « antiferryste et antiboulangiste » (voir son tract aux Arch. PPo., B a/1149). Il ne recueillit que 68 voix.

En 1897, Lefrançais fut frappé d’une première attaque de paralysie. Il se rétablit cependant. L’année suivante, il devint gérant de L’Aurore (19 juillet 1898). Comme tel, il fut condamné, le 15 février 1899, par la 9e chambre du tribunal correctionnel, à 500 F d’amende et 3 000 F de dommages et intérêts. Il cessa ses fonctions le 14 juin suivant.

Il fut soigné durant ses dernières années par sa petite-fille Anna, dont les parents habitaient la Russie (rapport du 30 juillet 1898, Arch. PPo., B a/1149.) Il mourut le 16 mai 1901 et fut enterré au Père-Lachaise le 19. Dans son testament, lu par Albert Goullé* — un de ses deux exécuteurs testamentaires avec Lucien Descaves — il déclarait : « Je meurs de plus en plus convaincu que les idées sociales que j’ai professées toute ma vie et pour lesquelles j’ai lutté autant que j’ai pu sont justes et vraies.  Je meurs de plus en plus convaincu que la société au milieu de laquelle j’ai vécu n’est que le plus cynique et le plus monstrueux des brigandages. Je meurs en professant le plus profond mépris pour tous les partis politiques, fussent-ils socialistes, n’ayant jamais considéré ces partis que comme des groupements de simples niais dirigés par d’éhontés ambitieux sans scrupules ni vergogne […].  Pour dernières recommandations, je prie mon fils Paul de veiller à ce que mon enterrement — exclusivement civil, bien entendu — soit aussi simple que l’a été ma vie elle-même, et à ce que je ne sois accompagné que de ceux qui m’ont connu comme ami et ont bien voulu m’accorder soit leur affection, soit plus simplement leur estime… »

Lefrançais, qui avait été, « avec Briosne*, l’orateur le plus applaudi des réunions publiques » sous l’Empire (Lepelletier, Histoire de la Commune, t. II, pp. 499-502) et que Jules Vallès* considérait alors comme « le grand orateur du parti socialiste », ne fut sans doute pas toujours d’un commerce facile et, avec sa « sensibilité d’écorché », il blessa parfois adversaires et même amis ; mais il eut une vie exemplaire qui parla « aussi haut que son éloquence en faveur de ses convictions » (J. Vallès, L’Insurgé), et Eugène Pottier* lui dédia son Internationale. James Guillaume, qui fut son ami, en a laissé le portrait suivant : « Sa conversation enjouée, abondante en anecdotes, en souvenirs qu’il se plaisait à conter, était des plus intéressantes ; la droiture de son caractère commandait l’estime ; s’il y avait, dans son langage, de l’âpreté à l’égard de ceux que, pour une raison ou une autre, il n’aimait pas, et même, parfois, des sévérités brusques envers ceux qu’il aimait, les sursauts d’une susceptibilité ombrageuse et les saillies d’un esprit caustique n’enlevaient rien à la réelle bonté de son cœur. »

Sur le plan des idées, Lefrançais refusa toujours de s’identifier à un groupe. Après la Commune, il sympathisa avec les anarchistes, et Alexandre Kropotkine* rapporte dans ses Mémoires (Autour d’une vie, p. 404) ces paroles de Lefrançais : « Vous autres fous, vous êtes encore les hommes que j’aime le mieux. Avec vous on peut travailler et rester soi-même ». Pour savoir ce qu’il fut exactement, il n’est que de l’entendre parler de lui-même à la troisième personne : « Il est très convaincu que l’avenir est au communisme, c’est-à-dire à la disparition complète de toute propriété individuelle en tant qu’instrument de production […]. Seulement, tout en admettant comme exacte la formule communiste : « À chacun selon ses besoins et de chacun suivant ses forces », il reconnaît que les applications qu’en ont proposées Gracchus Babeuf*, Étienne Cabet* et Louis Blanc* ne répondent pas suffisamment aux légitimes exigences de la liberté individuelle. Il pense que c’est en débarrassant les conceptions fouriéristes de certaines concessions faites à l’esprit bourgeois qu’on pourra trouver les véritables bases de l’ordre social futur, dont Charles Fourier* lui paraît s’être le plus rapproché » (Souvenirs, pp. 318-319.) Plus concrètement encore, la pensée de Lefrançais se trouve condensée dans les quelques lignes suivantes extraites de l’article qui parut sous le titre « Notre but » dans le n° 1 de La Commune, revue socialiste, le 20 avril 1874 et qui furent reproduites en tête de la brochure La Commune et la Révolution : « À peine de devenir un indéchiffrable logogriphe, [la Révolution] ne peut être autre chose que l’incessante revendication pour l’individu de son autonomie, c’est-à-dire du gouvernement absolu de ses facultés. » Deux suppressions sont indispensables pour réaliser cette autonomie : « La suppression du gouvernement — du pouvoir — dans l’ordre politique ; celle du salariat, dans l’ordre économique. Or cette double suppression ne peut s’accomplir que par le triomphe de l’idée communaliste, en qui s’est comme incarnée la révolution sociale — la seule légitime — la seule qui nous intéresse ».

Il était marié et père d’un enfant.

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ŒUVRES : La Soupe des militaires. Un socialiste à l’armée, n° spécimen du Républicain rouge, Paris, sd [14 janvier 1849], impr. de Mme Lacombe, in-folio, 2 p. — (D’après le catalogue de la Bibliothèque Nationale, de l’Institut français d’Histoire sociale et les Archives de la préfecture de police) : « Un Socialiste à l’armée », Numéro « avant-propos » (spécimen) du Républicain rouge, janvier 1849, in-folio, 2 p. — Association fraternelle des instituteurs, institutrices et professeurs socialistes. Programme d’éducation. [Signé : G. Lefrançais, Pauline Roland, Perot]. Paris, Perot (1849), in-4°, 12 pp et tableau, Bibl. Nat., 4° Lb 55/3083. — Aux instituteurs : l’Association des instituteurs, institutrices et professeurs socialistes [Signé : G. Lefrançais, Pauline Roland, Pérot]. Paris, impr. de Schneider (1849), in-4°, 1 p., Bibl. Nat., 4° Lb 55/3082. — Aux Parisiens, le 31 octobre : sa cause, son but, sa nécessité, Paris, E. Dereux, 1870, in-12, 45 pp., Bibl. Nat., 8° Lb 57/658. — Étude sur le mouvement communaliste à Paris en 1871, Neuchâtel, impr. de G. Guillaume fils, 1871, in-8°, 428+72 pp., Bibl. Nat., 8° Lb 57/1657. — Un Communard aux électeurs français, 16 pp. chez l’auteur, Genève (écrit le 18 mars 1875), publication de la Revue socialiste (Arch. PPo., B a/1149, pièce 30). — Étude des moyens pratiques de la Révolution. Six conférences.De la dictature, 16 pp., Genève 1875 (2 décembre), publication de la Revue socialiste (Arch. PPo., B a/1149, pièce 235). — République et Révolution : De l’attitude à prendre par le prolétariat français en présence des partis politiques. Genève, s. d., in-16, 32 pp., Bibl. Nat., 8° Lb 57/4511. — Où vont les anarchistes ? Paris (1887), in-16, 32 pp., Bibl. Nat., 8° Lb 57/9452. — La Commune et la Révolution, Paris, 1896, 36 pp., En vente aux Temps nouveaux, in-18, Bibl. Nat., 8° Lb 57/11657. — Souvenirs d’un Révolutionnaire. Bibl. des « Temps nouveaux », n° 27, Bruxelles, s. d., préface de L. Descaves, fév. 1902. XII + 604 pp., Bibl. Nat., 8° Ln 27/58073 et 8° R/14750 (27). — Dix années de proscription en Suisse, 1871-1880 (suite au précédent ouvrage). Ce manuscrit déposé à l’Institut d’Histoire sociale d’Amsterdam a été partiellement édité par Marc Vuilleumier in Souvenirs de deux communards.

En collaboration : En 1875, Lefrançais a signé, avec 53 « proscrits de la Commune », 4 pages imprimées « Au citoyen Garibaldi », Genève, 27 janvier, et, en 1880, avec 16 autres exilés, une brochure de 38 pages imprimée à Genève chez Alavoine : Les Proscrits français et leurs calomniateurs… (Ces textes se trouvent à l’Institut français d’Histoire sociale). — L. Descaves, Philémon…, op. cit., pp. 76, 275, 303-304.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/857, n° 2964. — Arch. PPo. B a/1149. — Registres de l’état-civil de la mairie d’Angers. — Procès-verbaux de la Commune de 1871. — J. Guillaume, L’Internationale…, t. II, passim. — M. Dommanget, Hommes et Choses de la Commune.

ICONOGRAPHIE : Arch. PPo., B a/1149. — M. Dommanget op. cit. — G. Bourgin, La Commune, 1870-1871, op. cit., p. 231. — Bruhat, Dautry, Tersen, La Commune de 1871, op. cit., p. 134. — Gustave Lefrançais, Arthur Arnould, Souvenirs de deux communards réfugiés à Genève, 1871-1873, présentation et notes de Marc Vuilleumier, Genève, collège du travail, 1987.

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Association des Amis de la Commune 1871 

  • Par email :   amis@commune1871.org
  • Par courrier : 46, rue des Cinq-Diamants  75013 Paris
    (permanences du lundi au vendredi de 14h à 17h30)
  • Par téléphone : 01 45 81 60 54  –   Par fax : 01 45 81 47 91 

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Prenez votre carte AAVPF 2014 ! (15 euros) 

cette année, elle intègre en outre une référence à l’Institut Tribune Socialiste,

 dont elle est membre fondateur 

Association des Amis 

de Victor et Paule FAY 2014

81, boulevard Suchet, Paris 16e  –  arcadie.fay@laposte.net 

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La PrésidenteJ.S. FAY-PEYRIN

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Consultez les sites :      http://assovpfay.org/index.php

et http://www.institut-tribune-socialiste.fr

Victor FAY info n°4

Victor-Fay-portrait
Victor FAY  (18 mai 1903 – 29 juin 1991)

 

 

Prochaine réunion du comité directeur de l’association : Lundi 8 octobre 2012 à 11 heures au siège de l’association : 81 Boulevard Suchet Paris 16ème  

Pour ceux qui le pourront, déjeuner convivial en commun après la réunion

La dernière réunion du Comité Directeur de l’AAVPF s’était tenue le 21 mai au siège de l’association ; y avait été décidée la création, en commun avec les Amis de Tribune Socialiste et l’Institut Edouard Depreux, d’un Fonds de dotation consacré au PSU, auquel Victor Fay a tant contribué. Au cours de l’été un groupe tripartite composé par des représentants de ces 3 associations, s’est réuni à plusieurs reprises et a débouché le 11 septembre sur un rapport préconisant la créations d’un tel fonds.

La proposition retenue pour la proposition de dénomination du fonds a été la suivante :

Tribune Socialiste  Institut pour l’histoire et l’actualité des idées du PSU

Il a été en outre proposé que la future lettre d’information (en anglais : « newsletter ») du site internet de l’Institut s’intitule :     « La Nouvelle Tribune Socialiste »

Des projets de statuts et de règlement intérieur ont été élaborés, et le groupe tripartite a proposé les noms suivants pour les trois personnalités du Conseil d’Administration à choisir en commun par les ATS, l’IED et l’AAVPF (suivant l’ordre alphabétique) :  Henri LECLERC, Michel MOUSEL et Bernard RAVENEL. Il a été proposé que Michel MOUSEL soit sollicité pour la présidence du Fonds. On trouvera en pages suivantes une brève note de présentation du fonds.

Le Fonds fait d’ores et déjà appel aux donateurs pour sa mise en place et son lancement, prévus début 2013.

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Un fonds de Dotation pour le PSU : TRIBUNE SOCIALISTE  

Institut pour l’histoire et l’actualité des idées du PSU 

L’ambition du PSU, de sa fondation en 1960 à sa disparition en 1990, était de tracer des voies nouvelles en vue d’une rénovation du socialisme.

Les 10 et 11 avril 2010, à l’initiative des Amis de Tribune Socialiste et de l’Institut Edouard Depreux,  le cinquantenaire de la naissance du PSU a été l’occasion de rencontres et de débats à Issy-les-Moulineaux (où avait été fondé le PSU) et à Paris. Plus de 550 personnes ont signé un «Appel à celles et ceux qui ont été de ses combats ou peuvent s’y reconnaître» : « Il y a un demi siècle, naissait le PSU. La vigilance, l’indignation, la protestation, la contestation, la subversion… ont été portées par le PSU et par toutes celles et ceux qui, par des temps difficiles, sont restés debout et à qui cet appel s’adresse aussi. Ils ont également affirmé qu’il ne suffisait pas de résister pied à pied, événement par événement, mais qu’il fallait penser et construire des alternatives socialistes plus globales. C’était évidemment plus complexe… Se retrouver à l’occasion de cet anniversaire ce n’est pas céder à la mode des commémorations… C’est une histoire de vie. Elle n’est pas morte avec « l’organisation PSU ». Peut-être pourrions-nous lui retrouver du sens pour la vie d’aujourd’hui ».

En considérant que la question du pouvoir ne se résumait pas à celle de l’organisation du pouvoir central mais se posait de façon plus large au niveau du fonctionnement de la société dans toutes ses dimensions, en affirmant que l’égalité des sexes, l’immigration, le cadre de vie, l’écologie, le partage du savoir, la solidarité internationale… n’étaient pas secondaires, le PSU montrait que les initiatives d’aujourd’hui n’étaient pas séparables des interrogations sur l’avenir, et que les transformations sociales exigent autant un engagement individuel que des mesures collectives : l’aventure  collective du PSU, s’affranchissant aussi bien de la domination « économiste » que de la tentation totalitaire, a souligné qu’une transformation sociale radicale ne pouvait être séparée de l’exercice des droits démocratiques et de la participation civique. Les idées et l’expérience du PSU peuvent donc être revisitées de manière féconde pour rechercher les moyens intellectuels et politiques d’une réponse collective aux défis d’aujourd’hui et de demain.

Les défis du début du XXIème siècle semblent sans commune mesure avec ceux du XXème siècle finissant : crise économique et financière mondiale, transformations du travail, raréfaction des ressources naturelles, réchauffement climatique, menace alimentaire, irruption de l’Internet et afflux d’informations, croissance des migrations et des échanges culturels… Face à de tels défis, l’idée de socialisme est-elle devenue obsolète ?

Le PSU n’existe plus. Il ne s’agit pas de le recréer. Mais connaître, rendre compte et développer les idées qu’il a cherché à développer et à  mettre en œuvre participent du débat et de la construction de la démocratie aujourd’hui, d’une recherche et de tentatives pour une société plus juste, plus égalitaire… Tel est le fil conducteur de la création d’un fonds de dotation « PSU », qui s’inscrit dans le prolongement direct des manifestations qui ont marqué le cinquantenaire de la naissance du PSU, et qui ouvre une nouvelle période dans la vie du patrimoine intellectuel du PSU.

ORGANISATIONS CONSTITUTIVES DU FONDS

  • Les Amis de Tribune Socialiste (ATS),
  • l’Institut Edouard Depreux (IED),
  • l’Association des Amis de Victor et Paule Fay (AAVPF).

(En constituant le fonds de dotation ces trois organisations ne disparaissent pas, mais constituent ensemble une structure autonome ayant ses objectifs et ses moyens.)

OBJET  DU FONDS DE DOTATION (MISSIONS, OBJECTIFS)

. D’une part entretenir le patrimoine intellectuel du PSU et organismes proches,

. D’autre part transmettre les valeurs et les idées du PSU et organismes proches dans les réflexions et les débats actuels.

Le fonds  organisera donc ses réflexions et ses actions selon deux axes principaux :

– un axe « histoire » : Constitution d’une base documentaire / Coordination des dépôts existants /Annuaire des membres / Travaux de recherche / Soutien à des travaux de recherche extérieurs / Séminaires-Rencontres / Publications / Soutien à des publications extérieures  ;

–  un axe « actualité des idées du PSU » : Organisation de débats / Participation à des débats extérieurs / Prise d’initiatives ou participation à des initiatives contribuant à faire vivre les idées du PSU / Publications / Soutien à des publications extérieures.

FONCTIONNEMENT

– Le fonds sera géré par un Conseil d’administration, institué par les structures fondatrices ; un poste de délégué général, directeur opérationnel du fonds, est prévu ;

Sont également prévus  : 

  • un comité de parrainage  constitué par les anciens secrétaires nationaux ainsi que  des personnalités ayant marqué le PSU,.
  • un comité scientifique qui aura pour fonction de conseiller et d’assister par ses avis et ses recommandations le conseil d’administration, notamment sur la pertinence et l’opportunité des projets et activités du fonds de dotation
  • un collège des donateurs et un comité d’investissement consultatif.

LOCAUX :

– le siège du fonds sera situé rue de Malte, actuel siège des « Amis de Tribune Socialiste », et dernier siège du PSU avant sa dissolution ; des discussions sont en cours pour y installer à la rentrée 2013 une salle d’archives et une salle de consultation.

Le Fonds fait d’ores et déjà appel aux donateurs pour sa mise en place et son lancement, prévus début 2013.

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Rappel : adhésion 2012 : cotisation de base : 10 euros, par chèque à l’ordre de Simone FAY,à transmettre au siège de l’association

« Association des Amis

de Victor et Paule FAY »

81, boulevard Suchet, Paris 16e  –  arcadie.fay@laposte.net

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Livres et brochures de Victor FAY à vendre   ( frais de port non compris )

Marxisme et Socialisme – Théorie et Stratégie  (L’Harmattan – 1999) 5 euros

Contribution à l’histoire de l’URSS (la Brèche – 1994) 5 euros

L’Autogestion une utopie réaliste (Syllepse – 1996) 3 euros

brochures : chaque 0,50 euro

– les classes moyennes salariées ( extrait de « en partant du Capital » – éditions ANTHROPOS – 1968 )

– Marx et la démocratie directe (septembre 1983)

– présentation de l’édition française des Lettres de Rosa Luxemburg à Léon Jogichès

prix réduit  jeu complet (2 livres + Autogestion +  1 des 3 brochures au choix) : 10 euros

A noter :

– les notices biographiques du dictionnaire « Maitron » consacrées à Victor et Paule FAY ont été publiées dans les numéros 2 et 3 de « V-FAY info » ; 

– le prochain numéro de V-FAY info présentera le fonds d’archives Victor Fay déposé à la BDIC

….et n’oubliez pas de consulter le site     http://assovpfay.org/index.php

Victor FAY info n° 3

Victor-Fay-portrait
Victor FAY  (18 mai 1903 – 29 juin 1991)

 

 

Prochaine réunion :Lundi 21 mai 2012 à 16 heures  au siège de l’association:81 Boulevard Suchet Paris 16ème  

Relevé de décisions succinct de la réunion du bureau de l’association le 23 janvier 

Le bureau de l’AAVPF s’est réuni le lundi 23 janvier 2012 au siège de l’association, 81 Bd suchet , Paris 16ème; étaient présents : Armand et Jacqueline AJZENBERG, Roger BARRALIS, Jean-Marie DEMALDENT, Simone FAY et Bernard RAVENEL (Etienne KLING et Michel THIERCELIN ne sont plus joignables) ; Gilles MORIN était excusé. Après avoir procédé à l’examen des points à l’ordre du jour, ont été prises les orientations suivantes :

– la dernière mise à jour du site, effectuée les 24 et 25 décembre 2011 par le gestionnaire, ne porte que sur 4 éléments relativement anciens (publications respectives en mars, mai, septembre et octobre 2011) ; R. Barralis prendra contact avec le gestionnaire du site (M. JAO) dont les coordonnées électroniques lui sont transmises par Simone Fay, afin de lui soumettre quelques propositions d’amélioration du site. Plus généralement, il sera souhaitable ensuite qu’il établisse une liaison avec le blog psu-ats, qui vient de créer un lien avec notre site ;

– les contacts exploratoires avec l’association des amis de tribune socialiste pour la création d’une fondation PSU (décision de la réunion précédente, le 9 novembre) n’ont pu encore avoir lieu, les ATS n’ayant décidé d’étudier ce dossier que lors de leur dernier CA (16 janvier) ; les échanges vont dès lors pouvoir commencer (et inclure accessoirement la proposition de prêts d’ouvrages de la bibliothèque du Bd Suchet) ;

– le contact avec l’association pour l’autogestion récemment créée, en vue de lui proposer, ainsi qu’aux éditions SYLLEPSE, un débat sur le thème : « Victor FAY, Victor LEDUC et l’autogestion » avec JM Demaldent et B Ravenel n’a pu se concrétiser ; il le sera prochainement par JM Demaldent avec Robi Morder ;

– les ventes de livres d’oeuvres de Victor FAY se poursuivent ; les prochaines échéances seront le débat organisé par les ATS le 23 mars au cinéma La Clef et l’AG des ATS le lendemain ; un dépôt sera proposé à la Maison des Passages à Lyon ainsi qu’à la Librairie SYLLEPSE à Paris.

Enfin la réunion a été l’occasion de débuter la reprise des cartes 2012 (cotisation de base : 10 euros, par chèque à l’ordre de Simone FAY, à transmettre au siège de l’association) et de constater que les travaux prévus au siège sont  réalisés ou en cours.

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Vous trouverez dans ce numéro la notice biographique de Paule FAY parue dans le tome 5 du dictionnaire MAITRON du mouvement ouvrier (« le nouveau maitron »).

FAY Paule 

[née BASIA KAGAN Perla] – Pseudonyme : ROUGET Jeanne

Née en 1902 ou 1903 en Pologne, morte le 16 décembre 2002 à Paris ; conseillère juridique ; militante des JC, puis du PC jusqu’en 1936, puis de divers mouvements de gauche, membre du conseil national de la Nouvelle Gauche.

Née dans une petite ville de la partie ukrainienne de la Pologne, Perla Basia Kagan fut élevée dans une famille bourgeoise par une gouvernante allemande. Venue en France, elle étudia à Toulouse (Haute-Garonne) puis à Montpellier (Hérault) et obtint une licence de droit. Elle avait adhéré à l’âge de quinze ans aux Jeunesses communistes polonaises. À Toulouse, elle fit la connaissance de Victor Fay, d’origine polonaise, qu’elle épousa. Elle créa des Cercles marxistes avant de venir à Paris, en 1929, comme secrétaire de Jacques Duclos.

Elle s’occupa de l’école par correspondance de 1930 à 1934. Le bureau de l’école était installé au siège du PCF, 122 rue Lafayette. Elle fut responsable de la section d’éducation de l’Université ouvrière fondée fin 1932 et eut le contrôle de journaux d’usines. Dans Les Cahiers du bolchevisme, elle publia plusieurs articles concernant ces journaux, notamment celui de l’usine Hotchkiss à Saint-Denis (Seine, Seine-Saint-Denis).

En 1931, elle avait publié un article contre la LICA qui se concluait ainsi : « Notre lutte contre les dangers de guerre impérialiste et pour la défense de l’URSS est inséparable de la lutte acharnée contre les pacifistes de toutes mouvances. »

Elle quitta le Parti communiste en 1936 avec Victor Fay et le groupe « Que faire ? » et travailla dans un cabinet d’avocats.

Après la guerre, elle poursuivit ses activités, notamment dans les années 1956-1957 à la Nouvelle Gauche où elle fut membre d’une commission financière nationale et élue au conseil national par la fédération de la Seine.

Après la mort de son mari (29 juin 1991), avec une association des « Amis de Victor Fay », elle déploya tous ses efforts pour que ses derniers travaux soient édités.

SOURCES : Politique aujourd’hui, novembre-décembre 1976 (« L’Agit-prop. » par V. Fay). — Les Cahiers du bolchevisme, 1931-1933. — Nouvelle Gauche. Bulletin du Mouvement uni de la nouvelle gauche, n° 2, 10 février 1957, Nouvelle Gauche. Organe du Mouvement uni de la nouvelle gauche, 2e année, n° 24, du 24 mars au 7 avril 1957. — V. Fay, La Flamme et la cendre, Presses universitaires de Vincennes, 1989. — Yasmine Siblot, La Formation politique de militants ouvriers. Les écoles élémentaires du Parti communiste français de leur constitution au Front populaire, Cahiers du Centre fédéral Henri Aigueperse, FEN, Paris, 1998 (n° 24), p. 275 et passim. — Le Monde, 20 décembre 2002.

Victor FAY info n° 2

Victor-Fay-portrait
Victor FAY  (18 mai 1903 – 29 juin 1991)

 

Rappel : prochaine réunion :
Lundi 23 janvier 2012 à 17 heures au siège de l’association: 81 Boulevard Suchet Paris 16ème  au fond de la cour intérieure à gauche

Livres et brochures de Victor FAY à vendre   ( frais de port non compris )
Marxisme et Socialisme – Théorie et Stratégie  (L’Harmattan – 1999) 5 euros
Contribution à l’histoire de l’URSS (la Brèche – 1994) 5 euros
L’Autogestion une utopie réaliste (Syllepse – 1996) 3 euros

brochures : chaque 0,50 euro

– les classes moyennes salariées ( extrait de « en partant du Capital » – éditions ANTHROPOS – 1968 )

– Marx et la démocratie directe (septembre 1983)

– présentation de l’édition française des Lettres de Rosa Luxemburg à Léon Jogichès

prix réduit  jeu complet (2 livres + Autogestion +  1 des 3 brochures au choix) : 10 euros

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Vous trouverez dans ce numéro la notice biographique de Victor FAY parue dans le tome 5 du dictionnaire MAITRON du mouvement ouvrier (« le nouveau maitron ») ; les amis de Victor FAY sont invités à la relire pour nous communiquer toutes remarques utiles sur son contenu 

FAY Victor

Pseudonymes : MASSON Victor, BRU Victor

Né le 18 mai 1903 à Varsovie (Pologne), mort le 29 juin 1991 à Créteil (Val-de-Marne) ; licencié en droit, sociologue ; responsable de la section éducation du Parti communiste français qu’il quitta en août 1936 avec les membres du groupe « Que faire ? » ; militant du Parti socialiste SFIO, puis du PSA, du PSU et du PS.

Né dans une famille polonaise de petite bourgeoisie (père industriel, mère au foyer « patriote polonaise » [notes biographiques de Victor Fay], touchée économiquement par la guerre de 1914-1918, pour avoir un peu d’argent de poche lycéen, Victor Fay donna des leçons aux élèves de petites classes. Au cours de l’hiver de 1917-1918, il entra en liaison avec l’organisation militaire clandestine fondée après la dissolution des légions de Pilsudski par les occupants autrichiens et allemands. L’ancienne hostilité à l’égard des Russes s’effaça devant l’admiration pour les bolcheviks, partisans de la paix et de la libération des peuples opprimés. En septembre 1918, Victor Fay adhéra à un petit groupement de socialistes de gauche, favorable à la Révolution d’Octobre. En novembre, la Pologne fut libérée et accéda à l’indépendance. Un gouvernement à direction socialiste (PPS) se forma. Pilsudski, libéré de la prison allemande, revint et prit en fait la direction du pays.

En décembre 1918, la social-démocratie de Pologne et de Lituanie, inspirée par Rosa Luxembourg et proche des bolcheviks, fusionna avec le Parti socialiste polonais de gauche qui évolua des positions des mencheviks internationalistes vers celle des bolcheviks. Ils formèrent ensemble le Parti communiste ouvrier de Pologne. Fin décembre 1918 se constitua, sur les mêmes bases, l’organisation des Jeunesses communistes. Victor Fay y adhéra, distribua des tracts à la sortie des usines, vendit l’organe du parti, organisa un groupe de sympathisants dans son lycée.

Victor Fay adhéra à la Jeunesse communiste à la fin de l’année 1918 et connut plusieurs fois l’arrestation avant de quitter la Pologne en 1925. Il avait commencé des études de droit et d’histoire qu’il voulut poursuivre en France.

Des conseils ouvriers surgirent dans les centres industriels, à Varsovie, à Lodz, dans le bassin minier de Dombrowa. Dans ce dernier seulement, les communistes obtinrent la majorité. Les socialistes, hostiles aux conseils ouvriers, s’en retirèrent. À la fin de janvier 1919, Paderewski, célèbre pianiste et homme de confiance des puissances occidentales, arriva au pouvoir à la tête de toutes les forces de la réaction. Il prononça la dissolution du Parti communiste qui, très isolé, plongea dans la clandestinité. Victor Fay perdit tout contact avec l’organisation et n’arriva à le rétablir qu’au cours de la manifestation du 1er Mai. L’année 1919 fut marquée par une lente extension de l’influence communiste parmi les jeunes, surtout les écoliers. L’échec de l’armée rouge aux portes de Varsovie en juillet-août 1920 était dû à la levée de masse de la population qui voyait dans cette armée celle de l’oppression nationale et non de la libération sociale. Victor Fay fit partie de l’organisation des Jeunesses communistes, très peu nombreuse et peu liée avec les jeunes travailleurs.

Victor Fay entra à la fin de 1920 au bureau provisoire, qui ne dirigea effectivement que le travail dans la capitale, les petits noyaux de jeunes existant en province étaient en fait dirigés par les organisations du parti. Fay préconisa, avec les autres membres du bureau provisoire, l’intégration de la jeunesse dans le parti dont l’activité laissait à désirer. Cette proposition fut rejetée par la direction du parti, le bureau provisoire fut dissous et ses membres transférés au parti.

Victor Fay entra en 1921 au service de diffusion de la littérature clandestine, son chef lui dit que, « après avoir travaillé pour la révolution avec la tête, il devra[it] désormais le faire avec les jambes ». En automne 1921, il devint membre du cercle de conférenciers auprès du Comité régional de Varsovie.

Victor Fay quitta le lycée, où la vie était devenue intenable après plusieurs arrestations, et s’inscrivit à la Faculté d’histoire de l’Université libre de Varsovie tout en travaillant comme employé dans un trust de produits chimiques. Il fut chargé de desservir successivement plusieurs organisations de « quartiers » (rayons) de la capitale, puis les fractions communistes dans les syndicats. Il collabora à la rédaction des journaux syndicaux édités par le parti. Le manque de formation théorique l’incita à créer, en 1923-1924, avec quelques camarades, trois séminaires en marge du parti : celui d’économie politique avec un disciple de Rosa Luxembourg, Henryk Grossman, celui de sociologie avec Ettinger (Dalski) et de philosophie avec Rudnianski. Pendant cette période, ses désaccords avec la direction du parti et de l’Internationale s’aggravèrent. Alors que le parti adopta, en son congrès de 1922, un programme léniniste, Victor Fay, avec quelques camarades d’extrême gauche, se rattacha à la tradition luxembourgiste encore vivace au PC polonais. Les désaccords portaient sur le droit des peuples à l’autodétermination, sur la distribution des terres aux paysans, sur la conception du parti d’avant-garde. À cela s’ajouta l’hostilité au front unique avec la social-démocratie, préconisé par le IIIe congrès de Komintern, en 1921.

Le groupe d’extrême gauche se rapprocha de la plate-forme de l’« opposition ouvrière » du PC soviétique et du KAPD, Parti communiste ouvrier d’Allemagne, issu de la scission avec le PCA, les deux groupements étant combattus par Lénine. Opposant au sein du parti, exposé à la répression policière qui s’aggravait, Victor Fay vit s’amenuiser les perspectives d’action du parti et les siennes propres. Menacé de plusieurs années de prison, après de nombreuses arrestations, et malade, Fay se décida à quitter le pays. Finalement, il choisit la France et y arriva en 1925. Après un bref séjour à Paris, il se fixa à Toulouse (Haute-Garonne) en raison de son mauvais état de santé. Il y poursuivit des études d’histoire et entama celles de droit. Après avoir pris contact avec le PCF, Fay commença en 1926 à militer à Toulouse. Coopté au bureau régional, chargé du travail parmi les étudiants et les ouvriers étrangers, collaborateur régulier de l’organe régional du parti La Voix des travailleurs, il fonda, avec d’autres camarades polonais, notamment avec Hilaire Minc, futur vice-présent du Conseil en Pologne populaire, un cercle d’études marxistes, fréquenté par 60 à 80 étudiants, originaires en majorité d’Europe orientale. Il organisa un groupe d’étudiants vietnamiens révolutionnaires et rédigea leur journal. Il s’occupa en même temps des travailleurs polonais, mineurs en majorité, et se rendit souvent, à ce titre, dans les centres miniers du Tarn et de l’Aveyron (Cagnac, Carmaux, Decazeville, etc.). Cette activité, qui dura de 1926 à 1928, attira finalement l’attention des renseignements généraux de la police. Repéré, il partit, pour éviter l’expulsion, pour Montpellier (Hérault) où il forma un autre cercle d’études marxistes parmi les étudiants, entra au bureau régional de Béziers (Hérault), collabora au journal régional, organisa les mineurs polonais du Gard (Malière).

En 1929, Victor Fay revint à Toulouse pour passer la licence en droit et partit ensuite pour Paris afin de préparer son doctorat. Son arrivée coïncida avec la crise de la direction de l’Agit-prop centrale d’où furent éliminés Paul Marion*, Fontenay*, et Roland Dallet. La nouvelle direction du parti, issue des Jeunesses communistes, décida de reprendre le travail de formation des cadres délaissé depuis 1926. Fay fut chargé des cours d’économie politique et de dialectique matérialiste à l’école des Jeunesses de la région parisienne, puis, à partir de juillet 1929, de l’organisation des écoles régionales. En 1930, après l’éviction du « groupe Barbé-Celor », arriva en France une délégation du Komintern, composée d’Eugène Fried (Tchécoslovaque), de Léon Purman et d’Adam Landy (Polonais). Ils étaient accompagnés de plusieurs instructeurs, Georges Kagan, chargé de la direction des Cahiers du bolchevisme, Anna Pauker et Erno Gerœ pour le travail d’organisation, Jablonski pour la formation, Golubieva pour le travail anti-colonial. Devenu permanent, Victor Fay collabora étroitement avec la délégation, qui favorisa son activité de formation des cadres. Il organisa et dirigea deux séries d’écoles régionales dans le Nord, à Marseille, à Alès, à Lyon, en collaboration avec Gayman* puis avec Gaston Cornavin.

Responsable du travail de formation à l’Agit-prop centrale, Victor Fay organisa deux écoles nationales du Parti communiste : une école centrale des Jeunesses et une école centrale de la CGTU. Sortirent de ces écoles entre autres Jean-Pierre Timbault*, Charles Michels*, Roger Roucaute*, Étienne Fajon*, Lucien Monjauvis*, Eugène Hénaff*, André Tollet*, Jeannette Veermersch* et Danielle Casanova. Il créa tout un réseau d’écoles de rayon, une école pour les militants de l’Étoile nord-africaine, une école de rabcors (correspondants ouvriers). Une école par correspondance fut créée en 1931, réunissant des sympathisants et des militants de province ; elle compta jusqu’à mille élèves. Les futurs députés Gaston Auguet et Grésa* furent formés à cette école. Fay fut nommé instructeur au 6e rayon de la région parisienne, où il organisa la pénétration du parti chez Citroën-Javel et chez Alsthom. Après plusieurs échecs, dus à la répression policière et patronale, il arriva à former des cellules du parti et des sections de la CGTU dans ces deux usines. Fay fut en outre chargé de la propagande pendant les grèves des ouvriers du textile, des mineurs et des métallos du Nord. Il déploya toute cette activité illégalement de 1926 à 1931. Grâce à son ami Jean Fréville*, collaborateur d’Anatole de Monzie, il obtint sa naturalisation. Il épousa aussitôt sa compagne qui obtint de ce fait la nationalité française. Permanente, elle aussi, elle assurait clandestinement, sous le nom de Jeanne Rougé*, le secrétariat de rédaction des Cahiers du bolchevisme et la direction de l’école par correspondance. En 1932, Victor Fay contribua à la fondation de l’Université ouvrière où il enseigna, sous le nom de Victor Bru, l’économie politique marxiste. La présidence officielle de l’Université ouvrière, qui comptait 1 000 à 1 200 élèves, fut confiée à Georges Cogniot, le secrétariat à Paul Bouthonnier. Y enseignaient, entre autres, Politzer*, Solomon*, Prenant*, Labérenne* et Husson*.

Après le 6 février 1934, repéré par la police, Victor Fay fut poursuivi en déchéance de la nationalité française sous la fausse accusation de travail antimilitariste. Grâce encore à de Monzie, il fit traîner l’instruction jusqu’à la veille de la victoire du Front populaire, à la suite de quoi il obtint le non-lieu.

Victor Fay ralentit pendant cette période son activité au sein du Parti communiste et se consacra davantage à l’Université ouvrière et à l’école par correspondance.

Victor Fay publiait depuis 1927 des articles dans les Cahiers du bolchevisme, une chronique hebdomadaire dans l’Humanité intitulée « Doctrine et Histoire », participa à la rédaction des pages spéciales de l’Humanité consacrées aux anniversaires de grands événements et de théoriciens du mouvement ouvrier : La Commune de Paris, la révolution d’Octobre, les 3 L (Lénine Liebknecht, Luxembourg), etc. Il rédigea des éditoriaux de Regards et Nouveaux regards, hebdomadaire illustré édité par le Secours populaire et dont le rédacteur en chef était Vital Gayman*, secrétaire général de l’Humanité. Ses articles étaient signés de divers pseudonymes : Masson, Picard, Normand, Breton, Pascal, etc. Victor Fay fut nommé officiellement lecteur aux éditions du Parti communiste, pour ne pas paraître comme permanent ; il publia, outre les textes envoyés de Moscou, deux collections, « Problèmes » avec des études de Prenant, Labérenne, Reich et « Cahiers de contre-enseignement ». Il remplace Alfred Kurella, chargé du travail parmi les intellectuels et rappelé à Moscou par Dimitrov, nommé secrétaire général au VIIe congrès du Komintern tenu en 1935. Fay publia un recueil d’études, préparé par Kurella, sous le titre « À la lumière du marxisme » auquel collaborèrent Wallon, Prenant, Labérenne, Maublanc et autres. Il publia la thèse de doctorat d’université de son ami Joseph Cœn, sous le nom de J. Klement, sur « Jaurès réformiste » qui, par un choix approprié de citations, réduit Jaurès aux positions révisionnistes de Bernstein. Croyant cette image de Jaurès par trop unilatérale, Fay formula des réserves dans une préface qui fut désavouée par le service des éditions internationales de Moscou. Il fut blâmé ensuite pour avoir publié les « Études philosophiques » de Marx et Engels, constamment rééditées depuis, au lieu d’un énorme recueil sur Marx. « Engels-Marx », préparé à Moscou, qui devait paraître sous la même forme à la fois en russe, allemand, français, anglais et espagnol.

Victor Fay fut renvoyé des Éditions en 1936 pour avoir mentionné, dans une note aux œuvres complètes de Lénine, l’opinion élogieuse exprimée par Lénine au sujet du livre de Kautsky Le Chemin du pouvoir. Fay était soupçonné d’être en désaccord avec la politique du parti et du Komintern. Ce désaccord existait réellement. Depuis l’avènement d’Hitler au pouvoir, Fay faisait partie d’un groupe de militants qui, jugeant désastreuse la politique sectaire traitant la social-démocratie de social-fascisme, décida de publier une revue d’opposition, intitulée Que Faire ? Les principaux animateurs de cette revue étaient Georges Kagan*, instructeur du Komintern, et André Ferrat*, membre du bureau politique, chargé du travail anticolonial. Faisaient partie de ce groupe : Léo Valiani, rédacteur en chef de L’Unita, Kurt Landau (Bertran), ancien secrétaire du PC autrichien et ancien dirigeant trotskiste.

Appelé à rentrer à Moscou, Georges Kagan rompit avec le Komintern, André Ferrat* rendit public son désaccord, qui persista, malgré le tournant de 1934-1935 et l’unité d’action avec la SFIO. La revue Que Faire ?, qui parut de 1934 à 1939, dénonça la répression stalinienne en URSS et pendant la guerre civile en Espagne ; elle s’opposa à l’alliance avec les radicaux en France et se prononça pour une guerre préventive lors de l’occupation de la Ruhr par Hitler. Victor Fay, malade, participa assez peu à cette activité. Il quitta le parti après le premier procès de Moscou (août 1936). En 1937, le groupe « Que Faire ? » décida d’adhérer à la SFIO, prit contact avec Jean Zyromski et sa tendance, « la Bataille socialiste ». Faisaient partie de la tendance, outre les animateurs de Que Faire ?, Andrée Marty-Capgras*, André Thirion*, etc. Victor Fay adhéra à la SFIO en 1938. Après une période de chômage, il trouva du travail comme correcteur d’imprimerie. Sa femme quitta elle aussi l’appareil du parti. Elle en fut exclue pour avoir refusé de quitter son mari. Elle travailla comme secrétaire d’avocat. Une fille, née en 1934, fut confiée aux parents de Fay en Pologne où elle reste jusqu’en 1938.

Mobilisé au début de 1940, Victor Fay fut affecté à l’intendance de Saint-Denis en raison de son état de santé. Replié à Mont-de-Marsan après la défaite, il fut démobilisé en juillet 1940 et rejoignit aussitôt Toulouse où devaient se retrouver quelques militants de « Que Faire ? », dont Georges Kagan et plusieurs mencheviks de gauche du groupe « Dan ». Après différentes péripéties, sa femme et sa fille arrivèrent elles aussi à Toulouse. Fay trouva du travail comme correcteur à L’Encyclopédie des Juris-classeurs. Entra un contact avec les premiers résistants encore isolés, notamment Gilbert Zaksas*, futur fondateur du mouvement « Libérés et fédérés ». Sa femme ayant été embauchée à Marseille, Fay la rejoignit et fut employé comme correcteur à Paris-Soir. Il noua la liaison avec le Dr Paul Schmierer qui, avec le comité Fray, s’occupait de la libération des camarades emprisonnés et internés et leur procurait des « danger-visas » pour les États-Unis. Purent ainsi échapper à la déportation en Allemagne Georges Kagan, qui mourut à New York en 1944, ainsi que quelques mencheviks, sociaux démocrates et opposants communistes.

L’occupation de la zone sud en novembre 1942 obligea Victor Fay à se replier d’abord à Avignon (Vaucluse), ensuite au Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire). Il prit contact en 1943 avec des résistants du Puy-en-Velay et fut chargé, au début de 1944, de préparer un journal clandestin des MUR. Le premier numéro parut le 19 août 1944, le jour de libération du Puy, alors que se poursuivaient les combats dans les rues de la ville. Il fut nommé rédacteur en chef de ce journal, L’Appel de la Haute-Loire, organe du Comité départemental de Libération. Il assura cette fonction jusqu’à la fin septembre, y publia plusieurs éditoriaux, puis se rendit à Lyon où il était appelé par André Ferrat, directeur de Lyon libre, organe du Mouvement de Libération nationale. Victor Fay devint le rédacteur en chef du journal et y publia plusieurs éditoriaux. Il reprit son activité à la SFIO ; membre du bureau fédéral, il fut chargé de l’éducation. délégué au congrès du parti de 1946, il contribua à l’élection d’une direction de gauche, avec Guy Mollet*, nommé secrétaire général.

Lyon libre ayant fusionné avec un journal concurrent sous le nom de Soir Sud-Est, Victor Fay fut nommé directeur du bureau parisien du journal. Il fut appelé en juin 1948 par Claude Bourdet à la rédaction en chef de Combat. Ce journal mena la campagne contre la guerre d’Indochine, prit parti pour Tito et le schisme yougoslave et combattit en même temps l’alignement de la France sur les États-Unis. Malgré l’augmentation de la vente, Combat ne se couvrit pas faute de publicité. Le directeur général, chargé de la gestion financière, Henry Smadja, intervint, malgré l’engagement contraire, dans la confection du journal, chercha à en atténuer l’orientation anticoloniale et neutraliste ainsi que la critique de la coalition gouvernementale dont faisait partie la SFIO. La rupture intervint en mars 1950 : la moitié de la rédaction, dont Claude Bourdet et Victor Fay, quitta le journal en invoquant la clause de conscience. Au même moment, Soir Sud-Est cessa de paraître. Resté sans ressources, après un bref passage à L’Information, Victor Fay entra, grâce à Vital Gayman*, directeur du journal parlé, aux émissions vers l’étranger de la RTF, devenue plus tard l’ORTF. Il publia en même temps des articles dans L’Express de la période mendésiste et dans Tribune des peuples, revue internationale soutenue par la gauche travailliste (Bevan).

À la RTF, Victor Fay fut chargé, à partir de 1952, des informations et des commentaires concernant l’Europe de l’Est, qui étaient diffusés en seize langues. Sa liberté d’expression fut sensiblement restreinte après l’arrivée de De Gaulle au pouvoir. À partir de 1964, il fut interdit d’antenne et ses commentaires ne furent presque plus diffusés. Réduit au silence, Fay demanda et obtint son renvoi en 1967. Ayant atteint en 1968 l’âge de la retraite, il fiit liquider sa pension, n’ayant trouvé aucun emploi stable.

Membre du syndicat des correcteurs CGT jusqu’en 1943, Victor Fay avait adhéré au syndicat des journalistes CGT en 1944, puis à la CGT-FO lors de son entrée à la RTF. Il participa à la direction des grèves de 1967 et 1968, quitta FO – qui avait refusé l’autogestion – en 1974 et adhéra au syndicat des journalistes CFDT. Il contribua à la création de l’Union nationale des syndicats de journalistes, réunissant trois syndicats confédéraux et le syndicat autonome. Il fit partie jusqu’en 1980 de son comité directeur. Il participa à plusieurs colloques sur le statut de la presse et les droits des équipes rédactionnelles.

Depuis 1948, Victor Fay, fixé à Paris, militait à la SFIO. Il fonda avec Lucien Weitz* un club où se réunissait la gauche du parti hostile à la politique de Guy Mollet*, club que fréquentèrent Alexandre Verret*, Michel Rocard*, Boireau, Hurtig* et autres. Il dirigea le séminaire organisé par les étudiants socialistes en 1954-1955, sur les problèmes de philosophie, d’économie politique et de sociologie marxistes. La capitulation du gouvernement de Guy Mollet* devant les colons d’Algérie et l’envoi du contingent contre le FLN aboutirent à la formation d’une minorité plus nombreuse, qui englobait l’ancienne extrême gauche, représentée par Weitz* et Fay et animée par Oreste Rosenfeld*, et à laquelle se joignirent les anciens blumistes, tels que Daniel Mayer*, Robert Verdier*, Robert Blum ainsi que Mireille Osmin*, Alain Savary*, André Philip*, Édouard Depreux, plus tard Tanguy Prigent*. Le ralliement de Guy Mollet à de Gaulle amena cette minorité à quitter la SFIO et à créer, en automne 1958, le Parti socialiste autonome (PSA) qui fut rejoint par des radicaux de gauche groupés autour de Pierre Mendès France*, dont Pierre Bérégovoy. Le PSA engagea des pourparlers en vue de la fusion avec l’UGS (formée par la Nouvelle gauche et le Mouvement de libération du peuple). Firent partie des négociations les opposants communistes qui publiaient Tribune du communiste représentés par Jean Poperen* et Serge Mallet*. La fusion eut lieu en 1960 sous le nom du Parti socialiste unifié (PSU). Victor Fay participa activement à la création du PSU et à la rédaction de la Charte du nouveau parti.

Grâce au déclin de la SFIO, le PSU atteignit 15 000 adhérents. Victor Fay rejognit Jean Poperen* et Claude Bourdet au sein du courant unitaire, dirigea les écoles du parti, notamment un séminaire sur Le Manifeste communiste et sur Salaire prix et profits, publia les schémas de conférences, rédigea le bulletin mensuel du courant (L’Action). Membre de la direction politique nationale, il entra au bureau national en 1964. La direction dont il fit partie fut désavouée par le congrès tenu en 1967 qui rejetta la proposition d’alliance du PSU avec la FGDS. Fay refusa d’être réélu à la direction et poursuivit son activité dans le courant unitaire. Il se rallia aussitôt au mouvement de contestation de Mai 68, soutint les revendications des étudiants, désavoua autant l’extrémisme du PSU, qui empêcha Mendès France de prendre la tête du mouvement, que l’attitude du PC et de la CGT qui, ne pouvant dominer l’action, s’empressa de conclure un compromis avec le gouvernement au cours des négociations de Grenelle. L’action de la classe ouvrière étant détournée de ses objectifs politiques au bénéfice de quelques avantages économiques, la défaite du mouvement de caractère prérévolutionnaire aboutit au triomphe de De Gaulle.

Le PSU se replia sur une politique sectaire, sous l’influence des courants trotskistes et maoïstes, refusa de désavouer les attentats individuels et les actions de commandos. Fay combattit cette orientation avec un tiers du parti. Il fut suivi par le congrès de Dijon (1969) qui désapprouva la direction ayant pris position pour l’abstention lors du référendum gaulliste de la même année. La direction, amputée de son extrême gauche au congrès de Lille de 1971, évolua sous l’influence de la CFDT vers l’autogestion, qui fut adoptée au congrès de Toulouse en 1972. Le congrès se divisa sur le concept de l’unicité ou de la dualité du pouvoir. Les partisans de la dualité (parlement et conseils) l’emportèrent sur ceux de l’unicité du pouvoir conseilliste. Michel Rocard* représenta la première tendance, Victor Fay la seconde. Il revint cependant à la direction du parti et y resta jusqu’au congrès de Saint-Étienne tenu en 1980. Pendant toute cette période, il collabora régulièrement aux organes du PSU, Critique et Tribune socialiste. Il combattit le projet d’adhésion au nouveau Parti socialiste présenté par Michel Rocard* en 1974, tout en cherchant à amener la majorité du PSU à une forme d’alliance durable avec ce parti. Il préconisa l’adhésion conditionnelle au programme commun, dont il critiquait les tendances étatiques et sous-estimait les vertus mobilisatrices. Après le départ des partisans de Rocard, le PSU, isolé, périclita. Dès 1978, il « tomba sous l’influence des populistes et des gauchistes, qui contribu[èr]ent à le marginaliser et à le couper du mouvement ouvrier organisé ». En 1980, Victor Fay fit, à l’occasion du vingtième anniversaire du PSU, le bilan critique de cette expérience, et en général de celle d’un tiers parti, dans un exposé à la Fondation des sciences politiques, puis dans un article de Politique aujourd’hui. Il adhéra au comité national de soutien de la candidature de Mitterrand*, qu’il avait déjà soutenue en 1965 et en 1974. Il adhéra, avec un groupe d’anciens dirigeants du PSU partisans de l’unité, au nouveau Parti socialiste.

Victor Fay collabora au Monde diplomatique, régulièrement de 1966 à 1973, puis d’une manière plus irrégulière jusqu’en 1980. Il y traitait les problèmes des partis et des États communistes, notamment du printemps de Prague, de l’autogestion en Yougoslavie, des grèves en Pologne, ainsi que des événements de 1968 en France. Il écrivit de temps en temps au Monde quotidien. Il publia en 1967, aux EDI, un recueil d’études à l’occasion du 50e anniversaire de la Révolution d’Octobre. Il collabore à la revue internationale de sociologie L’Homme et la société, dirigea la collection « Marxisme d’hier et d’aujourd’hui » aux éditions Anthropos, publia dans cette collection, pour le centenaire du 1er tome du Capital, un recueil d’études intitulé En partant du « Capital ». Il participa au colloque sur ce centenaire à Cerisy-la-Salle en 1967, au colloque sur les voies du socialisme en 1968 (également à Cerisy), puis, en 1970 à Cabris, au colloque sur « Sociologie et Révolution ». En 1971, il prépara et présenta un choix de lettres de Rosa Luxembourg à Léon Yogichès. Il appartint à la rédaction de la revue Politique aujourd’hui, fondée en 1969 par des communistes dissidents et y publia des articles sur le mouvement communiste international. Il collabora régulièrement à la Quinzaine littéraire où il rendit compte des ouvrages consacrés au marxisme et au mouvement communiste en France. Il se rendit à plusieurs reprises en Yougoslavie, d’abord comme journaliste pour « couvrir » les visites de Khrouchtchev en 1955 et 1963, puis comme militant autogestionnaire pour participer à des « tables rondes » à Belgrade et à Cavtat. Il y présenta des rapports écrits qui parurent dans la revue Le Socialisme dans le monde.

Victor Fay organisa, dans le cadre de l’Institut Gramsci français, créé par une équipe de dissidents communistes et dont l’existence fut éphémère, un groupe d’études sur l’autogestion. Le groupe s’occupa en particulier des problèmes de la démocratie directe dans l’entreprise et des conseils d’ateliers. Le groupe autogestion de l’Institut Gramsci et le groupe « Socialisme et Autogestion » organisèrent, en janvier 1981 à Paris, un colloque sur les technologies nouvelles et la structure de la classe ouvrière, qui réunit, malgré leurs divisions, 120 cégétistes, cédétistes, socialistes, PSU et dissidents communistes. Le groupe, qui poursuivit une activité autonome, décida en octobre 1981 d’adhérer à l’Institut socialiste d’études et de recherches (ISER), soutenu par le Parti socialiste.

Victor Fay fit partie du collectif de direction de l’ISER, participa aux séminaires organisés par cet institut sur « L’émancipation nationale et le nouvel internationalisme » en juin 1982, puis sur « Marx, Jaurès et le socialisme » en mars 1984.

Victor Fay se présentait ainsi : « Luxemburgiste à ses débuts, devenu léniniste en 1926, il revient en 1945 aux conceptions du parti de Rosa Luxembourg plus souples et plus ouvertes, tout en restant fidèle à Lénine en ce qui concerne les problèmes national et paysan. Marxiste indépendant, il se rattache au courant conseilliste du mouvement ouvrier mondial. »

ŒUVRE : Victor Fay a publié ses mémoires sous le titre La Flamme et la cendre. Histoire d’une vie miltante, texte établi avec le concours d’Évelyne Malnic, « Culture et société », Presses universitaires de Vincennes, Saint-Denis, 1989, 274 p. — Victor Fay collabora, de 1926 à 1928, à La Voix des travailleurs, hebdomadaire régional du PCF paraissant à Toulouse. De 1927 à 1935, il collabora aux Cahiers du bolchevisme sous les pseudonymes Gérard et Victor ; il collabora à l’Humanité en y tenant une rubrique hebdomadaire sous le titre « Doctrine et Histoire » (1930-1933), sous le nom de Victor Masson. Il publia des éditoriaux dans Regards et Nouveaux regards (1934-1935) sous différents pseudonymes. À partir de 1944, il signa tous ses articles Victor Fay à L’Appel de la Haute-Loire (août-septembre 1944) et à Lyon libre (1944-1948). Il ne signa pas ses contributions à Combat où il contrôla et orienta l’ensemble de l’activité rédactionnelle (1948-1950). Ses chroniques diffusées par les émissions vers l’étranger de l’ORTF sont signées soit Victor Fay, soit Michel Svoboda, soit de ses initiales. Il publia sous son nom des articles dans L’Express (1960-1964). Tribune des Peuples, Après-demain (1968), Tribune socialiste et Critique socialiste (1960-1980), L’Homme et la société (1969-1973), Politique aujourd’hui (1969-1980). — Marxisme et socialisme. Théorie et stratégie, L’Harmattan, 1999, 495 p.

SOURCES : BMP, bobines 393 et 394 (cité par D. Tartakowsky). — Danielle Tartakowsky, thèse et ouvrage, op. cit. — Serge Pey, Structures internes et rythmes de développement de la section d’agitation et de propagande du PCF entre les deux guerres, thèse de IIIe cycle, 3 tomes. — J.-J. Thomas, Esquisse d’une histoire du groupe « Que faire ? », 1933-1939, mémoire de maîtrise, Rennes. — Notes de Victor Fay.

Victor FAY Info n°1

Victor-Fay-portrait
Victor FAY  (18 mai 1903 – 29 juin 1991)

 


Relevé de conclusions de la réunion du 9 novembre

Un petit groupe de travail s’est réuni le mercredi  9 novembre 2011 à 15 heures au siège de l’AAVPF à la demande de sa présidente, Simone FAY, pour examiner les mesures à prendre en ce qui concerne l’avenir de l’association à la suite du décès le 3 juin 2011 de son directeur, notre regretté ami et camarade Claude GERAUD.

Participaient à cette réunion, outre Simone FAY, Jean-Marie DEMALDENT , vice-président, Bernard Ravenel et Roger Barralis. Il a été décidé de prendre les dispositions suivantes :

1site de l’association

Il a été constaté que, dans son état actuel, le site de l’AAVPF ( http://assovpfay.org/index.php ) était extrêmement limité en contenu et non mis à jour depuis mai 2010, mais qu’il a le mérite d’exister, et qu’il s’agit d’un véritable site (dont la mise en place avait coûté 1 000 euros) ; en outre S. Fay peut recourir aux services d’un spécialiste rémunéré si nécessaire.

Quelques mesures conservatoires seront donc prises : notamment la demande de création de liens dans des sites amis (notamment dans le blog psu-ats)  ; Jean-Marie Demaldent prendra contact en ce sens avec le site « autogestion » nouvellement créé .

Bernard Ravenel transmettra à S. Fay le texte « papier » d’une communication qu’il a faite il y a quelques années sur  V. Fay, V. Leduc et l’autogestion pour la mettre sur le site.

A moyen terme, proposition sera faite aux ATS d’examiner la possibilité d’insérer le site de l’AAVPF dans un site nouveau à créer par transformation en site du blog psu-ats, si tel était le cas ; dans une telle hypothèse, l’AAVPF pourrait examiner la possibilité de contribuer financièrement à l’édification de ce nouveau site.

2 – Ouvrages de Victor FAY

Il reste encore au siège de l’association d’assez nombreux exemplaires de  deux livres d’oeuvres de Victor Fay, ainsi que certaines brochures ou « tirés à part »; leur vente, initiée par R. Barralis  dans deux réunions (conseil d’administration des ATS du 27 juin et réunion ex-ESU du 5 novembre ) pour un total à ce jour de 112 euros ; il est décidé de poursuivre cette vente par le biais d’un stock-relais déposé aux ATS rue de Malte avec leur accord.

En outre Jean-Marie Demaldent  prendra officiellement contact avec la librairie SYLLEPSE pour lui proposer d’y déposer quelques exemplaires à la vente ( un premier échange le 5 novembre de R. Barralis avec Patrick Silberstein laisse penser que c’est possible). Il examinera avec lui l’éventualité d’une conférence commune Demaldent-Ravenel sur V. Fay, V. Leduc et l’autogestion dans le cadre de l’association « autogestion » créée cette année.

3 – notice biographique du MAITRON sur Victor FAY

Un premier examen de cette notice par J-M. Demaldent laisse apparaître certaines inexactitudes ou approximations ; il prendra contact à ce sujet avec Claude Pennetier, directeur du Maitron.

4 – avenir de l’association 

Après un échange de vues général, il est apparu que le gage de la pérennité de l’action en mémoire de Victor Fay se trouverait plus sûrement dans l’adossement de l’AAVPF à une initiative plus large de regroupement d’efforts de mémoire, au sein de laquelle elle garderait sa visibilité ; en ce sens l’association pourrait proposer de s’associer à la mise en place avec d’autres associations (Amis de tribune Socialiste, Institut Edouard Depreux, …) d’une fondation PSU, à la fondation duquel Victor Fay a participé, et dont il a été membre actif durant 20 années. Des contacts exploratoires seront pris à ce sujet.

5  – siège de l’association

Quelques mesures d’urgence sont à prendre en matière de plomberie afin d’éviter que ne surviennent des dégâts des eaux ; les dispositions nécessaires sont réglées par la présidente avec M. Ennellin, le gardien de l’immeuble du 81 Bd Suchet.

La bibliothèque résiduelle du siège pourra faire l’objet de prêts et/ou donations à des organiosations amies, notamment aux ATS.

6 – prochaine réunion 

La prochaine réunion est fixée au Lundi 23 janvier 2012 à 17 heures au siège de l’association ; outre les présents du 9/11, sont invités : Armand AJZENBERG (SGal), Etienne KLING (SGal adjoint) et Michel THIERCELIN (trésorier), Christian BERGER et Léo GOLDBERG.

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